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Quand les animaux de compagnie deviennent aussi des témoins de travail

Des entreprises, comme Google, Purina ou Datsu, autorisent les salariés à venir travailler avec leur chien. Quels impacts a cette mesure sur leurs collègues ?

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Autoriser les animaux de compagnie au travail peut donner un avantage concurrentiel à la marque employeur. Pavel Herceg/Unsplash, FAL

Les animaux de compagnie prennent de plus en plus de place dans la vie des gens. Il est donc devenu possible que certaines entreprises autorisent leur présence. Cependant, il faut respecter certaines règles pour que la présence de ces animaux ait un effet positif sur les employés.


Un animal de compagnie est un animal domestique que l'on garde pour sa compagnie. Cela peut être un chien, un chat, un oiseau, un poisson, un lapin, etc. En France, depuis 1976, le nombre d'animaux de compagnie a augmenté de 2,5 fois pour atteindre aujourd'hui 79 millions. Selon la même source, 61 % des Français en possèdent au moins un. Cet engouement a créé un marché qui ne cesse de grandir. Ce marché s'étend maintenant au monde de l'entreprise. L'animal de compagnie, parfois considéré comme un membre de la famille, est-il en train de devenir un collègue ?

Aujourd'hui, la question de la place de l'animal de compagnie en entreprise pourrait être plus importante. D'abord, car avoir un animal de compagnie peut être nécessaire, voire obligatoire dans certaines situations. En effet, selon la loi n° 87-588 du 30 juillet 1987, les personnes handicapées accompagnées de leur chien guide ou d'assistance ont le droit d'accéder à tous les lieux, y compris les lieux de travail.


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De plus, plusieurs changements actuels poussent les gens à adopter un animal ou à en parler à leur employeur :

  • Les animaux sont de plus en plus considérés comme des membres de la famille,

  • Les changements démographiques, comme la baisse des naissances et une population plus isolée,

  • Les modes de vie qui permettent de nouvelles organisations du travail.

  • Un vrai bénéfice pour les salariés

    Selon une enquête récente, 82 % des salariés trouvent un réel avantage à la présence d'un animal de compagnie en entreprise. Sur le terrain, les situations ne sont pas toujours simples.

    On pense souvent à de grandes entreprises technologiques, des start-ups, des agences créatives ou des PME qui montrent fièrement leur animal de compagnie. L'image est belle, mais on oublie parfois les limites de cette politique qui vise à inclure tout le monde.

    Google est un exemple d'entreprise connue pour ses employés heureux d'être accompagnés de leur chien au travail. En France, des entreprises comme Purina ou Dentsu ont aussi beaucoup parlé de leur politique d'accueil des animaux de compagnie. L'administration n'est pas en reste. Par exemple, la Mairie de Suresnes a reçu le label régional « ville amie des animaux ». Et chaque année en France, depuis 2017, un trophée « Pet Friendly » est remis dans la catégorie « entreprise et monde du travail » !

    Un impact d’image

    D'un côté, les entreprises peuvent y trouver de nombreux avantages. Les enjeux pour les ressources humaines et le management sont importants. La présence de l'animal peut aider l'entreprise à attirer de nouveaux talents. Elle montre une culture d'entreprise plus ouverte, plus détendue, plus en phase avec les nouvelles attentes concernant la qualité de vie au travail (QVCT) et l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Cela donne l'impression d'une entreprise plus humaine et bienveillante qui accepte les émotions et la vie au travail. L'entreprise peut ainsi adopter des labels comme « Dog Friendly » ou « pet at work », ce qui peut fidéliser les employés, surtout dans les entreprises où les salaires sont moins élevés.

    D'autres enjeux peuvent concerner la santé et l'engagement au travail. Dans le cadre d'une recherche qualitative et quantitative avec mon collègue François Grima de l'Université Paris-Est Créteil, nous avons interrogé 133 salariés dont le lieu de travail accueillait un chien.

    Dans la première partie de l'enquête, nous avons analysé la notion d'engagement. La recherche montre que les jeunes salariés (moins de 25 ans) sont plus engagés que les autres lorsqu'ils sont accompagnés d'un animal. Cet attachement est aussi plus fort chez les femmes que chez les hommes.


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    Une entreprise plus vivante, plus familière

    De plus, la recherche montre que plus le salaire est bas, plus l'attachement à l'entreprise est important pour le salarié qui travaille avec l'animal. Concernant le stress, il est prouvé que l'animal a une grande influence sur les troubles de l'humeur (anxiété, irritabilité, découragement) et les troubles de la tension (maux de tête, nervosité, etc.). Les femmes y sont encore plus sensibles que les hommes. L'animal aide à améliorer le cadre de vie et donc le cadre de travail. L'entreprise semble plus vivante, plus conviviale.

    Les salariés les moins bien payés semblent les plus attirés par cet environnement. Au sein de l'entreprise, l'animal ne laisse personne indifférent. Ni les salariés, ni leur entourage (fournisseurs, clients, patients...). Il peut devenir un outil précieux pour créer de nouvelles relations sociales. Paradoxalement, il contribue à rendre les relations humaines plus humaines.

    Des enjeux juridiques et réglementaires

    Enfin, la présence d'un animal de compagnie en entreprise ne s'improvise pas et peut présenter des limites. Il y a des aspects juridiques, réglementaires et pratiques à prendre en compte. Un chien peut être agressif, aboyer, mordre, abîmer du matériel ou transmettre des maladies à l'homme. Des inégalités peuvent apparaître entre les salariés (avec ou sans animaux), comme celles que l'on observe avec le télétravail. Certains salariés peuvent avoir une véritable phobie ou être allergiques à un animal.

    TF1 2025.

    Dans tous les cas, l'animal doit être bien éduqué et respecter les règles d'hygiène et de sécurité. L'employeur, en vertu de son pouvoir de direction, peut accepter ou refuser la présence d'un animal dans ses locaux. Le Code du travail oblige l'employeur à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité physique et mentale de ses salariés, conformément à l'article L 4121-1 du Code du travail.

    L'employeur peut interdire les animaux dans le règlement intérieur. Ce règlement fixe les règles de conduite en matière de santé et de sécurité que les salariés doivent respecter (article L 1321-1 du Code du travail). Autoriser la présence d'un animal nécessite sans aucun doute une discussion et l'accord de tous, dans le cadre de règles claires, connues et partagées.

    Dans cette optique, l'application d'une charte semble indispensable. Elle détaillera les types d'animaux autorisés, les conditions d'accès (certificat de vaccination, assurance), le comportement de l'animal en termes d'éducation et de propreté, les zones où l'animal peut aller ou non, la responsabilité du propriétaire, et les règles en cas d'incident.

    Pierre Chaudat ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas d'actions, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait bénéficier de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

    Currently reading at B1 level (Intermédiaire)