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Traiter des cancers auparavant incurables en rendant accessible la thérapie par cellules CAR-T

Les thérapies à base de cellules CAR-T font progresser le traitement du cancer, mais elles sont coûteuses et leur mise en œuvre peut prendre plusieurs semaines.

Par Nolan Maugourd, PhD Candidate in Chemical Engineering, Université Laval · The Conversation (CC BY-ND 4.0) · Adaptation pédagogique par Easy French News

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Les thérapies CAR-T consistent à prélever des cellules du patient, à les modifier en dehors de l’organisme, puis à les lui réinjecter. (Pexels/Karola G)

De nouvelles options de traitement existent aujourd'hui pour plusieurs cancers. Ces cancers étaient considérés comme incurables auparavant. Les thérapies par cellules CAR-T en font partie. Les thérapies CAR-T sont des traitements qui modifient les lymphocytes T. Les lymphocytes T sont des cellules importantes pour le système immunitaire.

Les lymphocytes T sont modifiés pour exprimer un récepteur. Ce récepteur peut reconnaître et attaquer les cellules cancéreuses. Cette méthode a donné de bons résultats. Elle a permis de traiter des leucémies et des lymphomes. Ces maladies étaient incurables avant.

Cependant, ces thérapies posent des problèmes d'accès au Canada. Elles coûtent très cher et sont complexes à mettre en œuvre. Pour résoudre ce problème, des chercheurs canadiens travaillent sur des thérapies CAR-T non commerciales. Ces nouvelles thérapies devraient coûter moins cher. Elles devraient aussi donner des résultats similaires.

Je suis doctorant à l'Université Laval. Je travaille avec le Conseil national de recherches du Canada. Je m'intéresse à l'ingénierie cellulaire. Je veux produire les vecteurs lentiviraux nécessaires aux thérapies CAR-T. Je souhaite aider à rendre cette thérapie plus accessible.


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Thérapies par lymphocytes CAR-T

Ces traitements personnalisés sont appelés « thérapies autologues ex vivo ». Cela signifie que les cellules sont prélevées chez le patient. Elles sont ensuite modifiées en dehors du corps. Enfin, elles sont réinjectées au patient.

Pour réaliser une thérapie CAR-T, on prélève des lymphocytes T dans le sang du patient. Ensuite, on les expose à des virus qui transportent le gène CAR. Ce gène est intégré dans les cellules. Ces cellules expriment alors des récepteurs spécifiques. Elles sont multipliées. Puis, elles sont réinjectées au patient. Elles peuvent ainsi reconnaître et détruire les cellules cancéreuses. Institut national du cancer, CC BY

Le processus comprend plusieurs étapes. D'abord, on réalise une aphérèse. C'est une technique pour filtrer le sang du patient. Cela permet d'extraire les lymphocytes T. Une fois isolés, les lymphocytes sont exposés à un virus modifié. Ce virus porte le gène CAR. Cela programme les lymphocytes pour exprimer le récepteur CAR. Ils peuvent ainsi cibler les cellules cancéreuses. Les cellules sont ensuite mises en culture. On attend d'avoir une quantité suffisante. Enfin, on réinjecte les lymphocytes dans le corps du patient. C'est un traitement personnalisé.

Différents types de CAR peuvent être exprimés. Ils sont placés sur la surface des lymphocytes T. Ils ciblent différents types de cellules cancéreuses. Par exemple, les CAR anti-CD19 et anti-CD22 sont utilisés. Ils traitent la leucémie et le lymphome. Les CAR anti-BCMA servent à traiter le myélome.

Un modèle centralisé complexe et coûteux

Six traitements CAR-T sont disponibles au Canada. Des laboratoires pharmaceutiques s'occupent de toutes les étapes de production. Ils le font pour plusieurs régions ou pays. C'est un modèle centralisé. Dans ce modèle, les cellules des patients sont envoyées à ces laboratoires. Les cellules sont modifiées. Ensuite, elles sont distribuées aux hôpitaux. Les patients y reçoivent les cellules modifiées.


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Le processus prend entre quatre et six semaines. Ce délai s'écoule entre le prélèvement des cellules et leur réinjection. Ce temps peut être long pour le patient. Il faut parfois un traitement temporaire. Ce traitement est appelé « traitement d'attente ». Il sert à stabiliser la maladie. Le délai est dû aux nombreuses étapes de préparation. Il est aussi causé par la complexité de la fabrication centralisée.

Le coût de la thérapie varie. Il est entre 440 000 et 630 000 dollars. C'est une dépense importante pour les hôpitaux publics. Cela pèse lourdement sur les budgets des provinces. Ce coût limite l'accès au traitement. L'accès dépend de la province où vit le patient. Par exemple, Kymriah est une thérapie CAR-T. Elle n'est remboursée que dans trois provinces : l'Alberta, l'Ontario et le Québec.

De plus, ces traitements demandent beaucoup d'expertise et d'infrastructures. Ils ne sont donc proposés que dans les grands hôpitaux. Cela empêche les patients des régions éloignées d'avoir accès aux soins. Cela crée des inégalités de soins.

Une production non commerciale

Les institutions publiques peuvent développer des traitements non commerciaux. Cela inclut les instituts de recherche, les universités et les hôpitaux. Au Canada, trois thérapies CAR-T sont en cours d'essai clinique. Elles sont développées dans un contexte de recherche. Elles visent certaines formes de lymphomes et de leucémies.

Deux de ces essais ciblent l'antigène CD19. Un autre essai cible l'antigène CD22. Ces traitements sont encore au stade des essais cliniques. Ils ne sont pas encore disponibles commercialement. Des données sont en cours de collecte.

Le traitement CLIC-1901 est unique. Il repose sur une collaboration entre plusieurs institutions canadiennes. Les composants des vecteurs viraux sont fabriqués à Vancouver. Les vecteurs viraux sont ensuite produits à Ottawa. Enfin, les cellules du patient sont transformées en cellules CAR-T au BC Cancer. Les réinjections sont effectuées dans les hôpitaux où les cellules ont été prélevées. Cela peut être l'hôpital général de Vancouver ou l'hôpital d'Ottawa.

Le traitement ACIT001/EXC002 utilise deux sites de production en Alberta. Ils fournissent quatre centres dans différentes villes de la province.

À terme, les essais cliniques CLIC visent à confirmer l'efficacité d'un traitement CAR-T fabriqué au Canada. Cela permettrait à d'autres centres au Canada d'avoir accès à ces thérapies.

Avantages pour le système de santé

Les thérapies développées en milieu de recherche offrent plusieurs avantages au système de santé canadien. Contrairement aux traitements commerciaux centralisés, cette approche utilise une production locale. Cela évite d'expédier les cellules des patients vers des sites de fabrication éloignés. Cela réduit aussi le délai entre le prélèvement et la réinjection.

Le délai moyen de transfert des cellules est de 15 jours pour les essais CLIC-1901 et ACIT001/EXC002. Ce délai rapide permet d'éviter le recours à un traitement d'attente. Cela est bénéfique pour le patient.

Le coût de CLIC-1901 n'est pas encore connu. Cependant, les chercheurs pensent qu'il sera beaucoup plus bas que celui des traitements commerciaux. Pour ACIT001/EXC002, le coût annoncé est inférieur à 100 000 dollars. À titre de comparaison, la production de thérapie CAR-T à l'Hospital Clínic de Barcelone a réduit les coûts à environ 89 000 euros. Cela équivaut à 145 000 dollars. Aucun coût n'est encore disponible pour CLIC-2201.


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Les thérapies CAR-T en milieu de recherche respectent les principes d'accessibilité. Ils sont énoncés à l'article 3 de la Loi canadienne sur la santé. Cette loi garantit l'accès aux services de santé pour tous les Canadiens. L'accès ne doit pas être limité par des obstacles financiers ou autres. Grâce à ces trois essais cliniques, des patients de trois provinces bénéficient déjà de ces traitements. L'objectif est d'étendre la distribution des thérapies CLIC à six provinces. Il s'agit de la Colombie-Britannique, l'Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick et l'Alberta.

Ce modèle décentralisé aide à réduire les inégalités d'accès. Il améliore l'accès géographique grâce à la disponibilité des traitements dans plus de provinces. Il améliore aussi l'accès économique grâce à la réduction des coûts.

De plus, ces traitements sont prometteurs en termes d'efficacité. À ce jour, CLIC-1901 montre des résultats cliniques similaires, voire meilleurs, que certains traitements commerciaux. Les premiers résultats suggèrent aussi que CLIC-1901 pourrait être moins toxique que les produits commerciaux. Cependant, ces conclusions sont basées sur un petit nombre de patients. Il faut donc rester prudent.

Concernant ACIT001/EXC002, les résultats en matière de sécurité et d'efficacité sont comparables à ceux des traitements actuels. Les résultats pour CLIC-2201 ne sont pas encore connus.

Le succès de ces différentes phases cliniques ouvre la voie à des étapes futures. Il permet aussi le développement à grande échelle des thérapies CAR-T en milieu de recherche au Canada.

Nolan Maugourd travaille pour le Conseil national de recherches du Canada.

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