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Première rentrée au collège : qu’est-ce qui inquiète les enfants, et comment les rassurer ?

Quitter une petite école primaire de quartier pour un grand collège peut être stressant pour les enfants. Mais se sentir bien préparés les aide à maîtriser leur appréhension.

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Quitter une petite école primaire pour un grand collège peut être stressant pour les enfants. Mais se sentir bien préparés les aide à gérer leur inquiétude. Rawpixel.com/Shutterstock (no reuse)

Passer de l'école primaire au collège peut provoquer chez les enfants des émotions variées, allant de la joie et de l'excitation à l'inquiétude et à l'anxiété. Une bonne préparation peut aider à diminuer leur appréhension.


L'entrée au collège est une étape importante. Pour certains enfants, cela signifie quitter le cadre familier d'une petite école pour relever de nouveaux défis et découvrir de nouvelles choses. Beaucoup d'entre eux sont heureux des nouvelles opportunités, des expériences inédites et de plus d'indépendance que ce changement apporte.

Cependant, à côté de cet enthousiasme, une certaine inquiétude peut apparaître. Les enfants réalisent alors les changements scolaires, sociaux et organisationnels que cette transition implique. Naviguer dans un établissement beaucoup plus grand, se faire de nouveaux amis et s'adapter à des exigences plus élevées rendent cette période à la fois excitante et un peu effrayante.

Pour mieux comprendre ce que ressentent les enfants du primaire lorsqu'ils s'apprêtent à entrer au collège, nous avons interrogé 13 enfants de 10 à 11 ans. Ils étaient en dernière année d'école primaire (équivalent du CM2). Nous leur avons demandé leurs attentes et leurs sentiments concernant cette transition. Nous avons aussi parlé avec 12 élèves plus âgés (équivalent de la sixième), deux trimestres après leur arrivée au collège.

Dans une autre étude, menée auprès de 210 enfants, nous avons étudié comment le bien-être des enfants évolue pendant la transition entre le primaire et le collège. Nous avons utilisé une approche basée sur la psychologie positive, c'est-à-dire que nous nous sommes concentrés sur les éléments qui contribuent à une vie heureuse.

Plusieurs idées communes ressortent de ces recherches. Elles montrent les sources d'inquiétude des enfants au moment de passer au collège.

Se sentir prêt

Les enfants ont souligné qu'il était très important d'être bien préparés pour l'entrée au collège. Ils ont trouvé utiles les occasions d'échanger avec des élèves qui étaient déjà dans leur futur établissement, que ce soit lors d'événements organisés ou de conversations plus informelles. Un élève de CM2 a expliqué :

« Des élèves des classes supérieures venaient tous les lundis… on parlait avec eux et ils avaient toujours, comme, une présentation… un petit aperçu de ce qu'on allait faire : ça nous expliquait par exemple les horaires et qu'il faudrait les respecter, comment on irait d'une salle de classe à l'autre, le nom des bâtiments… et c'était vraiment utile, surtout parce qu'ils étaient déjà dans l'établissement. »

Les enfants ont aussi trouvé que les conversations qu'ils avaient entre eux, ainsi qu'avec leurs frères et sœurs plus âgés ou d'autres membres de leur famille, les aidaient. L'un d'eux a dit que sa transition s'était plutôt bien passée, « parce que mes cousins connaissent plein de gens ; pour être honnête, je connaissais presque tout le monde, donc il n'y avait pas vraiment de quoi avoir peur ».

Grâce à ces discussions, ils savaient à quoi s'attendre, ce qui les aidait à comprendre à quel point le collège serait différent de ce qu'ils connaissaient. Le frère d'un élève de sixième l'avait prévenu :

« Il y aura du monde partout. »

Beaucoup ont exprimé la peur de se perdre, sachant que leur nouvel établissement était beaucoup plus grand que leur école primaire. Un élève de sixième a raconté qu'il lui a fallu « cinq semaines pour savoir où [il] allai[t] » :

« Ils nous ont fait visiter l'établissement et je ne savais toujours pas où j'allais, et j'arrivais en retard… Donc ça a été le grand saut pour moi, parce que mon école primaire, c'était littéralement juste un cercle et, genre, rien de plus. Et passer d'un seul enseignant, comme je disais, à une dizaine, c'est un sacré changement. »

Les événements organisés pour aider à la transition du primaire au collège, qu'ils soient formels ou informels, se sont avérés être des occasions précieuses pour les enfants de s'imaginer dans leur nouvel établissement.

Créer des liens importants

Les enfants ont souvent parlé de leur inquiétude à l'idée de se faire des amis ou de ne pas en avoir. Les activités proposées par les responsables des collèges pour faciliter la transition ont permis aux futurs élèves de se rencontrer, ce qui a aidé à calmer leurs craintes. Un élève de sixième se souvient :

« Il n'y avait qu'une seule personne de mon école primaire dans ma classe, et c'était quelqu'un dont je n'étais même pas vraiment proche en primaire. Donc ça a été un peu dur au début, mais j'ai rencontré quelqu'un pendant la journée de transition… et ensuite je me suis rendu compte qu'elle était dans ma classe. »

Un autre élève confie :

« Il m'a fallu environ… deux semaines pour me faire des amis. »

deux jeunes garçons parlent en classe
Les enfants ont admis s'être inquiétés de devoir se faire de nouveaux amis. Rawpixel.com/Shutterstock (no reuse)

La perspective de découvrir de nouvelles matières et des professeurs spécialisés rendait les enfants enthousiastes, mais les attentes en matière de résultats scolaires, ainsi que la nécessité de connaître de nouveaux enseignants les préoccupaient aussi. L'un d'eux a expliqué :

« J'avais un seul enseignant [à l'école primaire], donc on avait créé des liens beaucoup plus forts avec lui et c'était facile de lui parler. Mais maintenant c'est différent et c'est difficile, parce qu'il y a beaucoup de professeurs ici. »

Les élèves de sixième ont reconnu qu'il avait fallu plus de temps à leurs enseignants pour apprendre à les connaître. « Je fais confiance à certains profs, mais ça dépend lesquels, dit l'un d'eux. On crée plus de liens avec certains enseignants qu'avec d'autres, mais évidemment pas autant qu'avec ses amis. »

Pour la plupart des élèves, ces inquiétudes s'étaient cependant calmées à la fin du premier trimestre.

Comment aider les enfants

Si votre enfant entre au collège à la rentrée, voici quelques conseils pour l'accompagner.

Comme nous l'avons vu, le fait d'avoir des informations sur leur nouvel établissement peut rassurer les enfants. Vous pouvez aussi apaiser leurs inquiétudes en leur donnant des occasions de parler avec d'autres élèves qui y sont déjà. Participer aux événements organisés par les responsables d'établissements pour faciliter la transition est tout aussi important : cela permet aux enfants de se familiariser avec leur nouvel environnement scolaire.

Les enseignants et les autres membres du personnel du nouvel établissement sont là pour aider les enfants à trouver leurs marques. Si vous pensez que votre enfant a besoin d'un soutien supplémentaire, n'hésitez pas à leur demander.

Enfin, il est tout à fait normal de ressentir une certaine appréhension face à un tel changement. Laissez à votre enfant la possibilité d'exprimer ce qu'il ressent à propos de son entrée au collège, et gardez à l'esprit qu'il lui faudra peut-être du temps pour s'adapter à son nouvel environnement et se faire des amis.

Rhiannon Packer travaille à l'université métropolitaine de Cardiff.

Adam Pierce travaille à l'université métropolitaine de Cardiff.

Kieran Hodgkin travaille à l'université métropolitaine de Cardiff.

Currently reading at B1 level (Intermédiaire)

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