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Dans les mines d’or de Guyane, le bilan mitigé de la réhabilitation des sols

Si les méthodes de réhabilitation des anciennes mines d’or en Guyane française parviennent à freiner l’érosion pour limiter la pollution, elles peinent encore à restaurer des sols vivants.

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Mine d’or près de la rivière Awa, en Guyane française. Naomi Nitschke., Fourni par l'auteur

En Guyane française, il y a beaucoup de règles pour les activités minières, pendant et après l'exploitation. Ces règles visent surtout à empêcher que des particules aillent dans les rivières. C'est très important, mais ce n'est pas le seul problème. Même quand on arrive à contrôler l'érosion des sols des mines, ces sols restent pauvres. Ils n'ont pas beaucoup de nutriments ni de microbes, ce qui rend difficile la restauration complète des anciennes mines.


La Guyane, qui est un département français d’outre-mer, possède des sols riches en or. Avec la hausse constante du prix de l’or, les activités d’extraction d’or se multiplient partout dans le monde, y compris en Guyane. Les méthodes pour trouver l'or sont variées, légales ou illégales, et elles existent en même temps.

L’extraction d’or illégale, qui n’est pas contrôlée, utilise du mercure pour séparer l’or. Cela pollue les rivières et les sols autour.

Les mines d’or légales en Guyane, elles, n’ont pas le droit d’utiliser de mercure pour extraire l’or. Mais cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas d’impact sur l’environnement. Des règles ont été mises en place pour limiter au maximum les effets de l’exploitation minière, pendant et après. Dans ce cadre, les entreprises qui exploitent les mines doivent remettre en état leurs sites une fois l’exploitation terminée.

Cependant, ces méthodes, bien qu’elles réduisent l’érosion des sols, ne suffisent pas à redonner toutes leurs fonctions naturelles. J’ai travaillé sur ma thèse de doctorat pour mieux comprendre l’effet de la remise en état des sites miniers.

Le sol est abîmé et les polluants se dispersent

Pour bien comprendre comment l’extraction d’or affecte l’environnement, il faut savoir que pour trouver l’or, on retire la couche supérieure du sol afin d’atteindre la zone où se trouve l’or.

Sol d’une ancienne mine guyanaise à réhabiliter. Naomi Nitschke., Fourni par l'auteur

Ces sols, qui sont remués et exposés, s'érodent plus facilement. Cela provoque le transport de beaucoup de particules dans les rivières, ce qui est mauvais pour les écosystèmes aquatiques. De plus, les sols de Guyane (et d'Amazonie en général) contiennent naturellement du mercure. Ce mercure s'est accumulé dans les sols pendant des millions d'années à partir du mercure présent dans l'air.

Le mercure présent dans ces sols est donc aussi transporté vers les rivières. Il peut alors entrer dans la chaîne alimentaire et causer des problèmes de santé.


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La remise en état limite l’érosion

Dans le cas de l’extraction d’or légale, la remise en état d’un site minier comprend des travaux de terrassement, la restauration du cours d’eau qui a été utilisé, et la plantation d’arbres sur au moins 30 % de la surface du site.

Une étude à laquelle j’ai participé a montré que, quand une remise en état est faite, l’érosion est réduite par trois en six mois. Après trois ans, elle disparaît presque complètement. Comme la majeure partie du mercure est attachée aux particules, réduire l’érosion permet aussi de diminuer la quantité de mercure qui va dans la rivière.

Évolution de la végétation après la réhabilitation d’une parcelle de site minier. Naomi Nitschke., Fourni par l'auteur

Cette stabilisation rapide des sols est principalement due à la repousse naturelle de plantes herbacées sur les sites miniers, plutôt qu’à la végétation plantée par l’entreprise minière. Cela ne veut pas dire que les actions de remise en état sont inutiles. En effet, les travaux de terrassement et la restauration du cours d’eau aident à contenir les inondations sur les sols et favorisent la croissance des plantes herbacées.


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La vie dans les sols reprend difficilement

Cependant, avoir juste une couche de plantes herbacées ne suffit pas pour bien restaurer un site. Le but final est d’obtenir une forêt secondaire.

Pour passer d’un état avec des herbes et des buissons à un état de forêt, les sols doivent retrouver leurs fonctions. Ces fonctions dépendent de plusieurs éléments : les propriétés physiques du sol, les organismes qui y vivent et les nutriments disponibles.

Nous avons suivi plusieurs indicateurs biologiques du sol (diversité des microbes, nutriments, activité des enzymes) dans des sols miniers en Guyane pendant cinq ans. Finalement, nous n’avons observé aucune amélioration de ces indicateurs pendant ces cinq années. Ils sont restés à des niveaux beaucoup plus bas que ceux que l’on trouve dans la forêt voisine.

On peut donc dire que les méthodes de remise en état actuelles sont efficaces pour limiter l’érosion des sols. Mais elles le sont beaucoup moins pour aider le sol à retrouver ses fonctions et pour relancer les cycles du carbone et de l'azote.


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Une reforestation par « effet de bord »

Photo aérienne d’une ancienne mine guyanaise en cours de réhabilitation. Naomi Nitschke., Fourni par l'auteur

Il y a tout de même une source d’espoir. Bien que nous n’ayons pas observé d’évolution dans le temps, nous avons constaté des différences selon les endroits.

Près du site minier, les indicateurs d’activité enzymatique et la quantité de carbone et d’azote dans les sols sont plus élevés qu’à l’intérieur du site. Cela peut s’expliquer par l’apport de matière organique, de microbes ou de graines venant de la forêt proche pendant les pluies.

Cet effet, bien connu et appelé « effet lisière », permet probablement une reforestation efficace des sites miniers en partant des bords vers l’intérieur.

Il faut changer de stratégie

Actuellement, les organismes de régulation de l’État qui fixent les règles de remise en état se concentrent surtout sur la réduction de l’envoi de particules dans les rivières. Cet objectif est globalement atteint.

Cependant, il faudrait aussi faire plus attention aux fonctions du sol. Cela permettrait d’éviter que les sites remis en état restent simplement avec des herbes et des arbustes, sans que la forêt ne puisse vraiment se développer.

Il existe d’ailleurs des entreprises locales qui vendent des plants d’arbres déjà traités avec des bactéries. Ces bactéries peuvent transformer l’azote de l’air et l’intégrer dans les sols. Cela aide donc à la repousse des plantes.

Ces méthodes permettent aux sols de retrouver leurs fonctions plus rapidement, et donc une remise en état plus efficace. Bien sûr, cela représente un coût supplémentaire.

Naomi Nitschke a reçu un soutien financier de l’entreprise minière GAIA-SAS. Elle a travaillé dans cette même entreprise pendant trois ans.

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Mots clés · key words

organique
— organic
inondation (inondations)
— flood, deluge
toxique
— toxic, toxin
globalement
— globally
arrivé
— arrived
minier (minières)
— mining
stabilisation
— stabilisation
reçu
— receipt, accepted
restauration
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suivi
— follow-up; consistent, continuous

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  3. Pourquoi le mercure naturel des sols de Guyane pose-t-il un problème particulier lors de l'extraction d'or ?
  4. Dans le contexte de l'article, que signifie « l'effet lisière » ?
  5. Que cherche principalement l'auteur à faire dans cet article ?

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