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À quelques jours du scrutin, voici comment se divisent les votes dans les différentes régions du Québec

Comment se profilent les luttes dans les 17 régions administratives du Québec ? Quelles sont les dynamiques à l’œuvre entre centres urbains, couronnes métropolitaines et circonscriptions rurales ?

Par Frédéric Castel, Chargé de cours aux départements de Sciences des religions et d'Études urbaines et touristiques, Université du Québec à Montréal (UQAM) · The Conversation (CC BY-ND 4.0) · Adaptation pédagogique par Easy French News

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Pour la première fois depuis 1976, cinq partis politiques peuvent gagner plusieurs sièges lors d'une élection au Québec. Dans environ quinze circonscriptions, le troisième parti a moins de dix points de moins que le premier. Le vote aura lieu dans quelques jours. Comment se déroulent les élections dans les 17 régions du Québec ? Quelles sont les différences entre les grandes villes, les banlieues et les zones rurales ?


Je suis spécialiste de la diversité ethnique et religieuse au Québec. J'étudie les mouvements sociaux et politiques. Pour cela, j'utilise des cartes des intentions de vote et des résultats des élections. Les pourcentages d'intentions de vote dont je parle viennent du site Qc125. Ce site regroupe les sondages.


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L'avenir incertain de la Coalition

La crise économique a aidé la première ministre actuelle, Christine Fréchette. Elle a pu agir à l'étranger. Elle a aussi annoncé des accords importants au Canada. L'accord sur Churchill Falls est arrivé au bon moment. Grâce à l'« effet Fréchette », le parti de la CAQ est passé de 10 % en mars à 20 % en mai.

Les électeurs de la CAQ sont partout au Québec. C'est à la fois une force et une faiblesse pour ce parti. La CAQ peut gagner des sièges si le troisième parti n'est pas trop fort. Tous les sièges que la CAQ peut gagner sont dans cette situation. La plupart des vingt ministres du gouvernement Fréchette qui se représentent sont dans une situation difficile.

Le Parti québécois progresse

La CAQ a commencé à perdre des voix en 2023. Cela a profité au Parti québécois (PQ) de Paul St-Pierre Plamondon. Le PQ est rapidement devenu le premier parti dans les sondages. Ses intentions de vote ont atteint environ 35 % à l'automne 2025. Puis, elles ont un peu baissé au début de l'année. Le parti a gagné quatre sièges lors d'élections partielles. Cela lui a permis de s'implanter dans différentes régions.

Le PQ est très populaire en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et dans le Bas-Saint-Laurent. Il dépasse souvent les 50 % des voix dans ces régions. Dès la fin de 2023, les régions du nord ont choisi le PQ. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord, quatre personnes sur dix prévoient de voter pour ce parti. Trois personnes sur dix feront de même en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec. Les zones rurales de Lanaudière et des Laurentides ont soutenu le PQ plus tôt que les banlieues.

Où est Charles Milliard dans les régions francophones ?

Le Parti libéral a probablement payé cher d'avoir attendu si longtemps pour organiser l'élection de son chef. Les sondages ont longtemps montré 15 % d'intentions de vote. Ils ont dépassé 25 % en juin 2025, quand Pablo Rodriguez a été élu chef. Mais un conflit avec Marwah Rizqy a créé une crise plus large dans le parti. Le chef est ensuite parti. L'arrivée de Charles Milliard au printemps a augmenté les intentions de vote. Cela s'est produit là où le Parti libéral était déjà populaire.

Les intentions de vote sont redevenues très hautes (entre 50 % et 75 %) dans l'ouest de l'île de Montréal. Mais elles ont du mal à atteindre 15 % dans la plupart des circonscriptions francophones. Par contre, dans la zone qui relie l'Outaouais au sud de l'Estrie, les libéraux peuvent regagner plusieurs sièges. Ils les avaient perdus pendant le gouvernement Legault.

Les conservateurs progressent au-delà de Québec

En 2022, le Parti conservateur d'Éric Duhaime avait 10 % des voix. Au début de l'année, il a atteint 15 %. La région de Chaudière-Appalaches a voté conservateur. Cela s'est passé après que le gouvernement Legault a abandonné le projet de « troisième lien ». Ce lien devait relier Québec à Lévis. Les circonscriptions rurales de la Capitale-Nationale ont suivi plus tard.

La récente montée du Parti conservateur du Québec (PCQ) est notable. Les conservateurs sont devenus le premier parti dans la région métropolitaine de Québec. Dans les circonscriptions rurales de Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale, quatre personnes sur dix prévoient de voter pour le PCQ. Cette proportion monte à cinq en Beauce. Le parti pourrait donc créer des surprises en dehors de ses régions habituelles.

Québec solidaire à Montréal et Québec

Après les dernières élections, la popularité de Québec solidaire était entre 15 % et 20 %. En mars 2023, le parti a gagné une élection partielle à Montréal. Mais des tensions internes et les élections successives pour les postes de co-porte-paroles ont créé une période difficile. Ruba Ghazal et Sol Zanetti occupent maintenant ces postes. Cette instabilité a découragé certains sympathisants. Cependant, le parti a retrouvé de l'énergie. Il a gagné des soutiens et des sièges, notamment à Sherbrooke, grâce à la campagne « positive » de Ghazal.

Des luttes serrées dans la métropole et la capitale

Montréal est une île où le Parti libéral est majoritaire (rouge), entourée de circonscriptions où le Parti québécois est fort (bleu). Les électeurs de Québec solidaire et du Parti québécois sont bien présents dans certaines circonscriptions du centre et du sud. Ces zones ont une grande diversité sociale. C'est là que se trouvent les quelques luttes serrées de la ville.

Ce modèle existe aussi à Québec. Les électeurs des villes votent différemment des électeurs des banlieues. Les partisans de Québec solidaire et du Parti québécois sont majoritaires dans les quartiers du centre-ville. Mais dans les banlieues proches, les électeurs hésitent entre les conservateurs, la CAQ et le Parti québécois.

L'axe Mauricie-Estrie au milieu des grands changements politiques

Les résultats ne sont pas encore décidés dans trois régions centrales à surveiller. Il y a de nombreuses luttes avec plusieurs partis compétitifs. En Mauricie, le Parti québécois a longtemps été devant la CAQ. Mais le PCQ est récemment apparu entre les deux. Dans le Centre-du-Québec, le Parti québécois et les conservateurs sont maintenant très proches. La CAQ reste cependant dans la course.


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En Estrie, les cinq partis ont leurs chances. Cette région est caractérisée par différentes combinaisons de luttes à trois ou quatre partis. Autour de Sherbrooke, tous les partis peuvent gagner au moins un siège.

Qui va gagner dans les banlieues ?

Dans les banlieues francophones de Montréal, le Parti québécois et la CAQ se disputent une vingtaine de sièges. Pendant des mois, les sondages montraient des luttes serrées ou des hésitations. Puis, les intentions de vote se sont de plus en plus tournées vers le PQ. En Montérégie, les circonscriptions avec beaucoup d'anglophones ou de personnes de différentes origines votent plutôt pour le Parti libéral.

La carte actuelle des intentions de vote est encore incertaine. Mais elle suggère que plusieurs régions pourraient former des blocs politiques plus unis qu'avant. Il y a beaucoup de luttes à trois partis. Ainsi, les régions auront autant de chances de faire entendre leur voix.

Frédéric Castel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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