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Comment un voyage à Montréal a lancé Easy French News
Easy French News a commencé il y a un an, en septembre 2025. L'idée est venue plus tôt, lors d'un voyage à Montréal.
Le français que j'avais, et celui qui m'entourait
À Montréal, le français n'est pas une matière scolaire. C'est la langue de la rue, du métro, du comptoir et de la une des journaux. J'avais étudié le français : je m'en sortais avec un menu, une machine à billets ou un échange poli au comptoir. Puis j'ai ouvert le journal, et l'écart est apparu.
Ce n'était pas tant les mots qui me manquaient que l'endurance et la structure. Un paragraphe d'actualité en français tient souvent en une seule longue phrase : une principale, deux subordonnées, une date, un pourcentage et une citation, tout cela avant le point. Je pouvais traduire mot à mot, mais arrivé au bout, j'avais perdu le début. Les supports pour apprenants avaient le problème inverse : courts et clairs, mais sans lien avec ce qui se passait dans le monde cette semaine-là.
Je voulais donc un entre-deux : la vraie histoire du jour, dans un français que je pouvais vraiment finir, avec l'original à un pas quand je serais prêt.
Une histoire, quatre niveaux
C'est devenu le cœur du site, et il n'a pas changé. Chaque article existe en quatre versions :
- A1, un résumé court d'environ 300 mots, en phrases courtes et avec les mots les plus courants ;
- A2, un résumé plus long d'environ 500 mots, avec un peu plus de contexte ;
- B1, l'article entier, paragraphe par paragraphe, en phrases plus simples ;
- l'original, le texte français complet.
Le but n'est pas de rester en A1. Le but est de lire les mêmes faits au niveau qu'on peut gérer aujourd'hui, puis d'ouvrir le niveau au-dessus et de reconnaître ce qu'on vient de lire. C'est en reconnaissant une phrase qu'on a déjà comprise qu'on apprend.
Autour de ce cœur sont venus les petits outils que je voulais pour moi-même : toucher un mot pour voir son sens, le garder, le réviser plus tard, écouter le texte à voix haute. Ils sont décrits sur la page À propos, avec la façon dont les niveaux sont faits.
Ce qu'une année m'a appris
1. Les apprenants veulent la vraie actualité, rendue accessible
Les lecteurs passent d'un niveau à l'autre bien plus que je ne l'imaginais : ils lisent un résumé, puis ouvrent le B1 ou l'original de la même histoire. Personne ne veut rester sur des textes faciles pour toujours. On veut lire ce que lisent les francophones. Le niveau est une échelle, pas une destination. C'est pourquoi chaque article renvoie au niveau supérieur et à la source originale.
2. La longueur compte autant que la difficulté
Au début, les versions A1 simplifiaient chaque phrase mais gardaient tous les paragraphes, et certaines dépassaient 700 mots. À cette longueur, un texte pour débutant devient une épreuve d'endurance. Les lectures graduées placent l'A1 entre 150 et 300 mots : les versions A1 et A2 sont donc devenues des résumés courts et structurés. J'ai écrit sur ce qui change vraiment entre les niveaux dans un autre article, chiffres à l'appui.
3. Les sources doivent être réutilisables
Réécrire un article à trois niveaux, c'est l'adapter, et la licence de chaque éditeur ne le permet pas. Aujourd'hui, la plupart des articles viennent d'Agencia SINC, l'agence publique espagnole d'information scientifique, qui publie sous licence CC BY 4.0. Nous les traduisons en français, et chacun est crédité avec un lien vers l'original. Les Rapports hebdomadaires des abonnés Plus sont adaptés de « Le Quotidien » de Statistique Canada, sous sa licence ouverte.
4. Beaucoup de lecteurs préparent le Canada
Il y a un an, je ne m'y attendais pas : beaucoup de nos lecteurs préparent le TEF Canada ou le TCF Canada, pour Entrée express, le Québec ou la citoyenneté. Ce qui ramène le site là où l'idée est née. Les niveaux indiquent donc leur équivalent NCLC, l'échelle qu'utilise l'immigration canadienne. Il y a aussi un test de placement en lecture gratuit, et la page French for Canada explique comment utiliser le site pour l'examen.
Ce qui n'a pas (encore) marché
L'honnêteté fait partie du contrat. Certaines fonctions dont j'étais sûr n'ont pas servi. Une fenêtre plein écran qui demandait de désactiver le bloqueur de publicité a agacé bien plus de lecteurs qu'elle n'en a convaincu : c'est désormais une petite carte. Et beaucoup d'articles peinent encore à apparaître dans les moteurs de recherche. C'est l'une des raisons de ce blog : écrire les textes longs et utiles qu'un résumé d'actualité quotidien ne peut pas être.
La suite
- Plus de lecture chaque semaine. Une nouvelle histoire chaque jour, à chaque niveau.
- Une meilleure préparation aux examens. La lecture chronométrée, les épreuves de lecture complètes et l'expression écrite corrigée pour le TEF et le TCF Canada continuent de s'améliorer grâce aux retours des candidats.
- Ce blog, en anglais et en français : des méthodes, des mesures tirées de nos propres archives, et des conseils d'examen. Un nouvel article tous les quelques jours.
Si vous lisez le site depuis un moment, merci. Si vous arrivez, commencez par les niveaux et choisissez celui où vous finissez l'article sans dictionnaire à chaque ligne. C'est le bon.
Et si vous trouvez une erreur, ou quelque chose que vous aimeriez voir sur le site, écrivez-moi. Le message arrive directement chez moi.
— Nikita