
CE QU'IL FAUT RETENIR
Le nombre de satellites augmente beaucoup. Cela s'ajoute à la pollution lumineuse que nous créons depuis la Terre et cela menace la beauté du ciel nocturne.
La pollution lumineuse sur Terre peut être contrôlée, et c'est assez bien fait en France. Mais la pollution lumineuse venant de l'espace est beaucoup plus difficile à gérer. Les experts en droit travaillent sur ce problème.
Saviez-vous qu'il existe des parcs naturels spéciaux pour observer les étoiles dans certains pays, comme au Japon ?
Chaque année, en août, on peut voir l'une des plus belles pluies d'étoiles filantes : les Perséides. Mais si vous regardez le ciel nocturne l'année prochaine, qu'est-ce que vous verrez ? Selon l'endroit où vous êtes, vous verrez peut-être seulement un ciel gris ou orangé. Vous pourrez reconnaître la Grande Ourse, et surtout des points lumineux qui bougent. Ce sont des satellites qui sont en "orbite basse".
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Aujourd'hui, il y a deux sources principales de pollution lumineuse qui empêchent de plus en plus de profiter du ciel nocturne : celles qui viennent de la Terre et celles qui viennent de l'espace, surtout des satellites. Qu'est-ce que la loi dit pour protéger le ciel étoilé ?
Protéger le ciel contre la pollution lumineuse venant de la Terre : l'exemple de la France
La première source est mieux contrôlée. L'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturnes (ANPCEN) explique ce phénomène : c'est la dégradation de l'environnement nocturne à cause de la lumière artificielle. Cela a de grandes conséquences sur les animaux, les plantes et la santé des humains, car la nuit devient artificielle.
En France, depuis moins de dix ans, plusieurs règles aident à limiter la pollution lumineuse. Par exemple, le Code de l'environnement cherche à avoir un bon équilibre entre les villes et les campagnes, et contrôle les lumières artificielles. De plus, un décret de 2022 veut réduire et éviter la pollution lumineuse. Il donne des règles précises pour la fabrication et l'utilisation des éclairages extérieurs, ainsi que pour les propriétaires publics et privés. Une autre loi fixe la liste et la zone des 11 sites importants pour l'observation astronomique.
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Il existe aussi un label international, qui n'est pas géré par les gouvernements : le label "Réserve internationale de ciel étoilé" (RICE). Il est donné par l'International Dark Sky Association, une organisation basée aux États-Unis. Ce label reconnaît la qualité exceptionnelle du ciel nocturne et demande aux régions concernées de faire des efforts pour réduire la pollution lumineuse. Il y en a sept en France. Cependant, l'État ne reconnaît pas officiellement ces RICE, ce qui les empêche de se développer et d'influencer les décisions politiques.
C'est pourquoi la ministre de la transition écologique a reçu une question d'une sénatrice. La question portait sur la reconnaissance officielle des RICE comme des territoires d'intérêt national, et sur l'extension des règles aux éclairages privés.
Si on compare la France à d'autres pays, elle est parmi ceux qui luttent le mieux contre la pollution lumineuse. Les pays gèrent surtout ce problème en fixant des limites d'éclairage, en imposant des règles techniques pour les installations lumineuses dans différentes régions, ou avec des règles techniques spécifiques (comme en Italie). Certains parcs nationaux sont aussi certifiés "International Dark Sky Places", comme c'est le cas au Japon.
La pollution lumineuse vient de l'espace : le rôle des satellites
La pollution qui vient de l'espace est causée par les satellites qui réfléchissent la lumière du soleil.
La plupart des satellites polluent sans le vouloir. En effet, ils sont fabriqués avec des matériaux qui réfléchissent la lumière du soleil. C'est pourquoi on les voit souvent à l'œil nu, même si ce n'est pas leur but. Le nombre de satellites autour de la Terre a beaucoup augmenté ces dernières années. En 2026, il y aura environ 15 000 satellites en orbite basse (LEO). Ils affectent directement l'astronomie professionnelle et amateur (contrairement aux satellites sur d'autres orbites).
L'effet combiné des satellites en orbite basse et des débris spatiaux pourrait déjà augmenter la luminosité du ciel nocturne d'environ 10 % par rapport à son niveau naturel.
Gérer les satellites qui polluent sans le vouloir
La gestion de ce problème dépend de la collaboration entre trois groupes.
Les sociétés et organisations d'astronomie encouragent les entreprises à travailler ensemble et à partager leurs idées pour protéger l'astronomie. Elles poussent aussi les gouvernements à proposer des aides pour que les opérateurs de satellites développent des technologies qui réduisent au maximum les interférences avec les observations astronomiques et qui protègent la qualité du ciel nocturne, surtout son aspect sombre et calme.
Ainsi, le Centre de l'Union astronomique internationale pour la protection du ciel sombre et silencieux contre les interférences des constellations de satellites (IAU CPS) crée, avec les opérateurs, des recommandations techniques. Par exemple, sur les limites de luminosité des satellites.
Il organise aussi des discussions avec des organisations internationales, comme l'Union internationale des télécommunications (UIT) et le Bureau des affaires spatiales des Nations unies (UNOOSA), ainsi qu'avec les gouvernements. Le but est de favoriser l'utilisation des règles existantes de "soft law" (lois non contraignantes), comme les Bonnes pratiques pour la durabilité des opérations spatiales de la Space Safety Coalition, le Code de conduite pour la durabilité spatiale de la Global Satellite Operators Association, ou encore la Charte "Zéro Débris" de l'ESA.
La pollution lumineuse volontaire : un nouveau problème très inquiétant
La pollution lumineuse volontaire est liée aux projets de réflecteurs solaires.
En juillet 2026, la Commission fédérale des communications (FCC) des États-Unis a donné à la société Reflect Orbital une autorisation pour développer une technologie de réflecteurs spatiaux. Ces réflecteurs sont conçus pour diriger la lumière du soleil vers des zones précises afin de "fournir un éclairage pour des opérations critiques". La nature de ces opérations n'est pas précisée, mais elles sont probablement liées à l'augmentation du temps d'utilisation des panneaux solaires.
Ce dernier exemple a relancé les débats scientifiques et pose trois questions juridiques :
1) Sans règles précises, cette pratique pourrait-elle devenir une habitude reconnue, c'est-à-dire une façon d'agir basée sur une pratique établie plutôt que sur des lois ? Pour répondre à cette question, il faudrait une communication publique et claire sur ces technologies avant qu'elles ne soient utilisées. Cela permettrait de mieux sensibiliser la communauté internationale et de s'assurer que les États participent activement à la création de règles (ce qui est prévu par l'article IX du Traité sur l'espace).
2) Est-il possible que les pays membres des Nations unies adoptent la proposition de moratoire ? Il semble qu'un document décidé par un seul pays, comme un moratoire, pourrait ne pas être appliqué de manière uniforme et entraînerait des règles différentes entre les pays. Cela créerait encore plus de désordre dans la gestion des nouvelles activités spatiales.
3) La lumière du soleil peut-elle être considérée comme une "substance extraterrestre", selon l'article IX du Traité sur l'espace ? Cela permettrait d'appliquer cette règle aux réflecteurs orbitaux. Par comparaison avec les échantillons d'astéroïdes, la lumière du soleil qui n'atteindrait pas naturellement certaines zones de la Terre, mais qui serait dirigée intentionnellement par l'homme, pourrait être vue comme une substance extraterrestre. L'article IX du Traité sur l'espace oblige les États signataires à éviter de modifier dangereusement l'environnement terrestre et à prendre les mesures nécessaires, comme participer à des discussions internationales.
Une meilleure coordination entre les opérateurs de satellites, les astronomes et les autorités publiques est essentielle pour protéger le ciel nocturne contre la pollution lumineuse, quelle que soit sa source. Et chacun d'entre nous, qui regardons le ciel nocturne et utilisons des services spatiaux, peut aider à le protéger en s'engageant activement en tant que citoyen.
Anna Hurova ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas d'actions, ne reçoit pas d'argent d'une organisation qui pourrait bénéficier de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.