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Comment l'Afrique bénéficie- t- elle de l'impulsion mondiale de la Chine en terme d'énergies renouvelables ?

Un partenariat gagnant - gagnant renforcé entre les deux parties, nécessitant un transfert de technologies ou un partage de connaissances accompagné par une formation technique locale pour les africains , doit être promu .

Par Jean Sovon, traduit par Njolle Catherine Emmanuelle · Global Voices en français (CC BY 3.0) · Adaptation pédagogique par Easy French News

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Pendant que l'Afrique cherche des solutions pour réduire les effets du changement climatique, les investissements étrangers ne sont pas toujours une bonne chose.

 

Des ouvriers installent des panneaux solaires dans des cliniques au Rwanda. Image de USAID. CC BY-NC-ND 2.0                                                                                                                    Cet article fait partie du programme Global Voices pour la justice climatique, qui réunit des journalistes de Chine et de pays du Sud pour étudier l'impact des projets de développement chinois à l'étranger. Trouvez plus d'histoires ici.

La Chine se présente comme le leader mondial de l'énergie renouvelable et a beaucoup investi dans ce secteur ces 20 dernières années. Mais pour soutenir son industrie des énergies renouvelables et renforcer sa chaîne d'approvisionnement, elle a aussi financé de grands projets qui utilisent des ressources naturelles comme le charbon et le pétrole, surtout en Afrique.

Entre le développement, la dépendance et la transition énergétique, certains écologistes s'inquiètent que la Chine joue un double jeu qui nuit à l'Afrique dans sa lutte contre les problèmes environnementaux.

La Chine, un partenaire à deux visages pour l'Afrique

Même si l'Afrique a historiquement été l'un des plus faibles émetteurs de gaz à effet de serre et a donc peu contribué à la crise climatique, comparée à l'Europe, la Chine et l'Amérique du Nord, elle reste l'une des régions les plus touchées par les catastrophes climatiques et leurs conséquences.

Sur le continent, les experts mettent en place des actions pour lutter contre le changement climatique et réduire ses effets négatifs, même si les mesures pour réduire ces effets sont difficiles à appliquer à cause du manque de moyens.

Dans ce contexte, l'Afrique reçoit un soutien important de la Chine, qui se présente comme un partenaire clé du continent. La Chine promet des investissements qui pourraient aider l'Afrique à commencer sa transition vers l'énergie verte, rendant ainsi son réseau énergétique plus solide. Lors d'une visite en Afrique en janvier 2025, Wang Yi, le ministre des Affaires étrangères de la Chine, a déclaré aux médias chinois :

L'Afrique est l'une des régions les plus sévèrement touchées par le changement climatique, confrontée à des défis fréquents tels que les sécheresses, les inondations et les pénuries alimentaires. La lutte contre le changement climatique et l'approfondissement de la coopération agricole étaient des priorités clés de la coopération sino-africaine pour promouvoir la modernisation.

L'Afrique est l'une des régions les plus touchées par le changement climatique, avec des problèmes fréquents comme les sécheresses, les inondations et le manque de nourriture. Lutter contre le changement climatique et améliorer la coopération agricole étaient des points importants de la collaboration Chine-Afrique pour favoriser le développement.

Depuis plus de 20 ans, la Chine a développé ses industries et ses chaînes d'approvisionnement pour la protection de l'environnement et le développement vert. Elle fournit plus de 70 % des équipements mondiaux pour l'énergie éolienne et 80 % des composants pour les panneaux solaires. Le ministre chinois a répété l'engagement de son pays à aider l'Afrique dans sa transition verte et a mentionné la capacité totale des centrales solaires construites ensemble par la Chine et l'Afrique, qui est de plus de 1,5 gigawatts. Il a dit aux médias chinois :

La Chine s'est engagée à travailler main dans la main avec ses partenaires africains pour faire avancer l'Action de partenariat pour le développement vert, mettre en œuvre les projets d'énergie propre proposés lors du Sommet de Beijing du FCSA et promouvoir le programme ‘Ceinture solaire de l'Afrique’, afin d'aider l'Afrique à s'engager sur la voie d'un développement vert et à faible émission de carbone.

La Chine s'engage à travailler avec ses partenaires africains pour faire avancer le développement vert, réaliser les projets d'énergie propre du Sommet de Beijing du FCSA et soutenir le programme "Ceinture solaire de l'Afrique". L'objectif est d'aider l'Afrique à se développer de manière écologique et avec moins d'émissions de carbone.

Lire plus : Qui profite vraiment des projets d'oléoducs chinois au Niger et au Bénin ?

Cependant, malgré ces initiatives vertes en Afrique, la Chine reste le plus grand émetteur mondial de dioxyde de carbone (CO2), produisant plus de 30 % des émissions de ce gaz très mauvais pour l'environnement. De plus, la Chine continue d'investir beaucoup dans l'exploitation de sources d'énergie polluantes sur le continent africain. Elle a beaucoup investi dans l'exploitation du pétrole dans plusieurs pays, notamment au Niger, en l'Ouganda et en l'Angola. Elle est aussi un client régulier pour les importations de pétrole du Tchad, du Congo et du Nigéria.

L'intérêt de la Chine pour l'exploitation des gisements de pétrole en Afrique montre bien sa situation compliquée : ses industries en croissance ont besoin de combustibles fossiles, même si elle veut, à long terme, être un acteur majeur de l'énergie verte dans le monde.

Partenariat ou dépendance qui augmente les inégalités ?

À cause de sa longue histoire d'exploitation et de colonialisme, l'une des choses les plus importantes pour l'Afrique est l'autonomie. Certains chercheurs s'inquiètent du fait que les gros prêts accordés par la Chine aujourd'hui augmentent la dette et mettent certains pays africains dans des situations financières très difficiles. Dans une analyse publiée en novembre 2023, Jana de Kluiver, une chercheuse spécialisée sur l'Afrique à l'Institut pour les études Sécuritaires, a alerté sur les préoccupations croissantes concernant les prêts chinois en Afrique :

Des recherches de AidData ont montré que les prêteurs publics chinois, motivés par la recherche du profit, incluent souvent dans leurs accords de prêt des conditions qui peuvent mettre à rude épreuve des économies africaines déjà fragiles. Il s'agit notamment de l'interdiction des restructurations collectives et d’importantes clauses de confidentialité. Ces conditions peuvent limiter la capacité des pays emprunteurs à prendre des décisions financières indépendantes et souveraines.

Des études d'AidData ont montré que les prêteurs publics chinois, qui cherchent à faire du profit, ajoutent souvent des conditions dans leurs accords de prêt qui peuvent affaiblir les économies africaines déjà fragiles. Par exemple, ils interdisent les restructurations de dettes en groupe et imposent des clauses de confidentialité strictes. Ces conditions peuvent empêcher les pays qui empruntent de prendre leurs propres décisions financières.

Avec ces intérêts privés, il est clair que les partenariats proposés aux pays africains par les entreprises chinoises pour faire face aux graves conséquences du changement climatique ont des limites. Cela crée une vraie dépendance économique, qui réduit les choix de l'Afrique en matière de politique climatique à long terme.

Les nombreux projets réalisés avec l'aide chinoise ont de grandes conséquences et des impacts locaux. Les déplacements importants de population profitent aux entreprises chinoises qui s'installent pour réaliser les projets. La destruction des forêts et la dégradation de l'environnement nuisent aux moyens de subsistance des communautés locales et fragiles. Entre les inégalités et les responsabilités, l'injustice climatique devient de plus en plus évidente.

Le mouvement citoyen FILIMBI, un mouvement pour la démocratie basé en République Démocratique du Congo (RDC), a dénoncé cette situation en novembre 2024. Selon un article de Projet Afrique Chine, le mouvement accuse des mineurs d'or chinois illégaux dans la région d'avoir pollué la rivière Aruwimi dans le nord-est du pays. Sur son compte X, il a posté :

LIRE NOTRE DÉNONCIATION :

La RDC est vendue au plus offrant pendant que notre peuple à Tshopo souffre. L'entreprise chinoise, Xang-Jang Mining, détruit la rivière Aruwimi sans être punie, avec l'accord de ceux qui devraient nous protéger.

LE CONGO NOUS APPARTIENT À TOUS !

Les compensations pour les dégâts causés aux populations sont très faibles ou n'existent pas, et la Chine est peu impliquée dans ces problèmes, même pour aider à réduire les conséquences.

Entre les promesses d'une Afrique plus verte et l'exploitation continue du carbone, associées à la fragilité des populations qui, en plus de subir les conséquences du changement climatique, font face à des problèmes sociaux comme la faim et le manque de logements, le continent se retrouve pris entre des intérêts opposés.

Comment le continent peut-il concilier le partenariat Sino-Africain tout en respectant les principes de la justice environnementale ? Les investissements chinois en Afrique doivent offrir un vrai développement durable, et non pas renforcer une nouvelle dépendance au carbone.

Un partenariat plus équitable entre les deux parties, qui inclut un transfert de technologie ou un partage de connaissances avec une formation technique locale pour les Africains, doit être encouragé. Comme le souligne Médéric Beugré, journaliste d'investigation cité par Le Nouveau Reporter en juin 2025 :

Ce n'est pas suffisant d'accepter le capital ; nous devons aussi contrôler ses effets. (…) Les États africains doivent demander des transferts de compétences, une vraie participation des entreprises locales, et une vision indépendante pour les projets.

Autrement, les pays africains doivent pouvoir développer et promouvoir leurs propres technologies pour espérer une coopération juste.

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